Le Cordon des druides

Le Cordon des druides

Le Cordon des druides

 Le Cordon des Druides se situe en forêt de Fougères, dans la commune

Il est actuellement composé d’un peu plus d’une cinquantaine de blocs de pierres.

Certains témoignages font état de 80 pierres dressées, mais elles sont bien difficiles à repérer.

En effet, outre le couvert végétal qui empêche l’observation précise, il faut compter avec l’exhaussement du niveau forestier.

La cinquantaine de pierres existante n’est plus qu’une épave, ce qui rend d’autant plus délicate toute tentative d’explication, nous y reviendrons.


Le Cordon des druides

Plusieurs auteurs, dont P. Bézier, l’abbé Brune, Th. Danjou de la Garenne, font mention de deux débris de cromlechs, ou enceinte, de 7 à 8 mètres de diamètre, composés de blocs de pierre de petite dimension.

L’alignement, légèrement sinueux, s’étire sur près de 300 mètres, orienté dans la direction du Nord-Est au Sud-Ouest. Ces blocs sont de tailles et de formes extrêmement variables. Alors que la plus grande atteint près de 2 mètres, elle se situe d’ailleurs à peu près au milieu de l’alignement, quantité d’autres pierres ont été renversées et n’émergent plus du sol que quelques centimètres.

Indéniablement ces blocs ont été sculptés, quoique certains se soient demandé s’il ne s’agissait pas d’un filon de quartz affleurant naturellement. Arrachées au sous-sol, les pierres ne sont pas finement sculptées, elles ont un aspect « brut ». Il s’agit de blocs en quartz, alors que les allées couvertes, ou dolmens, de la Pierre Courcoulée et de la Pierre du Trésor sont en granit. Le quartz, pierre relativement blanche, n’a pas été choisi au hasard, sa couleur est symbolique.


Le Cordon des druides

 UNE CELTISATION ABUSIVE

Cet alignement a été rattaché aux Gaulois qui l’aurait utilisé, voire construit, d’où son nom de Cordon des Druides, que l’on trouve au moins à partir du XIXesiècle. À juste titre, Briard parle d’une « celtisation abusive d’un monument mégalithique. » Les Gaulois ne sont pas à l’origine de ces édifices de pierres, les druides encore moins !

Nombre de légendes pourtant s’y rattache et fait écho à ces derniers, en Bretagne comme ailleurs en France. Ainsi, outre le Cordon des Druides de Landéan, nous trouvons un Autel des Druides près du Lac de Servières (Puy-de-Dôme), tout comme au-dessus du pèlerinage du Schauenberg en Pfaffenheim (Haut-Rhin). Non loin de l’étang de la Gravotière se situe La Chaire du Druide (Côte-d’Or) et dans la commune de Trie-Château (Oise) surgit la Pierre des Druides. Jusqu’aux travaux de la seconde moitié du XXe siècle, l’attribution des mégalithes aux Gaulois était classique.

Des Gaulois ont pu vivre à proximité, on a d’ailleurs des traces d’enceintes ressemblant à des fermes sous le couvert forestier actuel, ils ont aussi pu les renverser, les utiliser d’une manière ou d’une autre, mais ils ne sont pas les constructeurs du Cordon des Druides, ce monument date du Néolithique, soit v.  6 500 av. J.-C. à 2 500 av. J.-C.


Le Cordon des druides

 DE LA FANTAISIE AUX PRUDENTES HYPOTHESES

it simples, soit complexes. Le Cordon des Druides relève de la première catégorie. Leur caractère sacré paraît essentiel, mais quel sens lui donner ? Afin de combler les silences du passé, des théories plus ou moins fantaisistes ont vu le jour.

L’association aux druides a conduit à faire du Cordon un puits religieux traversant les époques. Les forces telluriques ont été appelées en renfort, les pierres dressées constituant autant de « jalons sur l’itinéraire de processions cultuelles ». L’alignement aurait aussi pu former un « « barrage fluidique » pour protéger ces lieux sacrés ». Mais seuls les initiés auraient été à même d’en saisir le sens, capter ses ondes, recueillir ses « bonnes énergies ». Certains y ont même vu un sanctuaire bouddhique, pendant que d’autres estimaient que les cromlechs disparus étaient la preuve d’un culte solaire.

Plus raisonnablement, et ce malgré la disparition de tous les indices, ou presque, nous permettant de comprendre l’origine de ces pierres, les historiens ont cherché d’autres explications, notamment par la comparaison.

La ligne droite vaguement géométrique formée par les pierres pourrait correspondre à une orientation calendaire à finalité religieuse, astronomique, voire astrologique, peut-être utile pour les agriculteurs préhistoriques, plus certainement pour manifester le pouvoir d’une « caste de sorciers, sages ou prêtres » (P.-R. Giot). Toutefois, si l’on admet que le Cordon des Druides était un point de repère, il faut imaginer qu’il n’y avait pas de forêt tout autour, mais cela est maintenant un acquis. La forêt de Fougères est un « champ d’arbres » récent remontant au Moyen Âge. Il convient aussi d’admettre que le groupe dominant qui a décidé de la construction de cet alignement était suffisamment respecté et puissant pour imposer un tel travail de débitage des pierres et de transport. En retour, les travailleurs en attendaient sûrement quelques garanties pour leur au-delà, mais peut-être aussi pour leur ici-bas (récoltes).

Les lieux ont pu être réinvestis par des pratiques païennes, ce n’est peut-être pas un hasard si, au Moyen Âge, la forêt de Fougères a abrité un certain nombre d’ermites. B. Beck s’est demandé si la survivance de telles pratiques, voire la perpétuation de celles-ci, n’avaient pas orienté le choix de Bernard de Tiron de s’installer non loin de là à Chênedet au début du XIIe siècle. Le christianisme aurait ainsi capté la sacralité supposée des lieux, la Croix du Fouteau, près de l’oppidumdu Poulailler a certainement connu le même type de processus.

Pour conclure, si le Cordon des Druides n’a rien à voir avec les Gaulois, on ne peut lui ôter son caractère sacré. Toutefois celui-ci s’est évaporé au cours des siècles et des millénaires, seuls quelques touristes rendent toujours visite à cet alignement mégalithique, classé par arrêté du 19 décembre 1946, au titre des Monuments Historiques. Ceci n’a toutefois pas suffi pour susciter des études…


 Le Cordon des druides

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